Deux offres de rachat peuvent afficher des mensualités proches et produire des coûts et des calendriers très différents. Pour les départager, posez-les sur une grille commune : dettes reprises, capital total, durée, mensualité assurance comprise, frais, garanties et total restant à payer. Sans cette base, on choisit sur un seul chiffre, presque toujours la mensualité.

Cet article explique les critères pour comparer deux offres. Pour une méthode détaillée, étape par étape, voir le guide dédié.

Partir d’une ligne de départ identique

Listez les dettes qui seront soldées, celles qui resteront en place et la trésorerie éventuellement demandée. Vérifiez que les montants sont arrêtés à la même date. Ajoutez les frais annoncés et précisez s’ils sont payés comptant ou intégrés au capital. Cette ligne de départ doit être la même pour l’offre A et l’offre B. Si l’une reprend un crédit que l’autre laisse de côté, vous ne comparez plus la même chose. Même vigilance sur la trésorerie demandée : 2 000 € de plus dans une seule des deux offres suffisent à fausser la lecture.

Les sept lignes à remplir pour chaque offre

  • capital total, frais et trésorerie compris ;
  • durée en mois et date de la dernière échéance ;
  • mensualité assurance comprise ;
  • TAEG ;
  • frais : dossier, courtage, garantie, et leur mode de paiement ;
  • garanties exigées : caution, hypothèque, autre ;
  • total restant à payer : mensualité multipliée par le nombre d’échéances, plus les frais payés à part.

Une ligne que l’offre ne permet pas de remplir est une question à poser, pas une information favorable. Demandez la réponse par écrit et gardez la date de chaque proposition.

Le TAEG, utile mais pas suffisant

Le TAEG regroupe les intérêts, les frais de dossier, les honoraires de courtier et les assurances et garanties obligatoires. Il ne peut pas dépasser le taux d’usure (Service Public, vérifié le 16 avril 2025), publié chaque trimestre par la Banque de France. Deux limites cependant. Il est annuel, donc il ne dit rien de la durée : un TAEG plus bas sur une durée beaucoup plus longue peut coûter davantage au total. Et il n’inclut pas une assurance facultative que vous auriez choisie.

Pour un regroupement, vous recevez aussi une fiche d’information précontractuelle avec un tableau qui compare vos crédits actuels à l’opération proposée (Institut national de la consommation, consulté le 25 septembre 2026). Demandez-la pour chaque offre et mettez les deux tableaux côte à côte.

Exemple chiffré pédagogique

Offres fictives. A : 32 000 € sur 72 mois, 520 € par mois, 1 500 € de frais payés à part. B : 34 000 € sur 96 mois, 455 € par mois, frais intégrés au capital.

A coûte 520 × 72 = 37 440 €, plus 1 500 € de frais, soit 38 940 € au total. B coûte 455 × 96 = 43 680 €. B libère 65 € par mois, mais fait payer 4 740 € de plus et ajoute deux ans d’engagement. On ne peut pas dire que B est meilleure sans savoir si ces 65 € sont indispensables au budget.

Suivre l’écart dans le temps

Le total ne dit pas quand l’écart se forme. Au départ, A demande 1 500 € de frais, B rien. Pendant six ans, B coûte 65 € de moins chaque mois, soit 4 680 €. À la fin de la sixième année, B a donc laissé 6 180 € de plus dans votre budget. Puis A se termine, et B continue deux ans à 455 € par mois : 10 920 €. Solde, 4 740 € en faveur de A.

Si ces 6 180 € évitent un découvert ou un incident de paiement dans les premières années, B se défend. S’ils se diluent dans les dépenses courantes, ils auront coûté 4 740 € sans rien changer.

L’assurance, à garanties égales

Une assurance moins chère peut aussi couvrir moins. Pour chaque offre, vérifiez les garanties (décès, invalidité, incapacité de travail), les exclusions et la quotité, c’est-à-dire la part du prêt couverte pour chaque emprunteur. Une mensualité plus basse obtenue avec une couverture réduite n’est pas une meilleure offre. C’est un autre risque, à accepter en connaissance de cause.

Et si vous remboursez plus tôt ?

Si vous pensez vendre un bien ou toucher une somme dans quelques années, demandez pour chaque offre le capital restant dû à cette date et les indemnités de remboursement anticipé prévues. Une offre longue devient moins pénalisante si elle se rembourse tôt sans frais importants. Une offre courte reste plus sûre si rien de tel n’est prévu.

Signaux d’alerte

  • mensualité présentée hors assurance ;
  • frais non détaillés ou « à préciser » ;
  • durée ou date de fin absente ;
  • dettes conservées non mentionnées ;
  • pression pour signer avant d’avoir reçu les documents ;
  • somme demandée avant le versement des fonds, ce qui est interdit.

Choisir sans se tromper de question

La meilleure offre n’est pas la moins chère dans l’absolu, ni celle qui soulage le plus le premier mois. C’est celle dont la mensualité reste supportable jusqu’à la dernière échéance, pour un coût que vous connaissez et acceptez. Commencez par fixer la mensualité maximale que votre budget tient durablement, puis retenez, parmi les offres qui la respectent, celle dont le total restant à payer est le plus bas.

Le guide Comparer des offres de rachat pas à pas détaille la méthode de calcul. Utilisez le comparateur du site, puis relisez les étapes de l’opération et les frais à repérer dans une proposition.

Pour faire relire deux offres, utilisez le formulaire de contact : la demande n’engage à rien et ne vaut ni offre ni accord de financement. Vos données sont traitées selon notre politique de confidentialité. L’éditeur du site est présenté dans les mentions légales.