Quand les mensualités ne passent plus, deux voies existent. Le rachat de crédits remplace vos dettes par un nouveau prêt, plus long. La procédure de surendettement de la Banque de France, gratuite, réorganise ou efface tout ou partie des dettes. Elles ne répondent pas à la même situation et ne se cumulent pas librement. Une question les départage : votre budget peut-il rembourser l’ensemble, même étalé ?

Deux réponses, deux situations

Un rachat de crédits regroupe plusieurs prêts en un seul. La nouvelle mensualité est calculée sur votre capacité de remboursement, mais en la baissant, on allonge la durée et on augmente le coût global (Mes questions d’argent, consulté le 9 octobre 2026). C’est une solution de crédit, qui suppose qu’un prêteur accepte le dossier.

Le surendettement décrit autre chose : ne plus arriver, malgré ses efforts, à payer ses dettes courantes, loyer, énergie, eau ou mensualités de crédit. La procédure est gratuite, elle suppose d’être de bonne foi, et c’est une commission de la Banque de France qui décide si le dossier est recevable (Mes questions d’argent, consulté le 9 octobre 2026).

Le test du budget

Avant toute démarche, posez trois chiffres : revenus réguliers, charges courantes hors crédits, mensualités actuelles. Puis refaites le calcul avec la mensualité qu’un rachat pourrait proposer.

Deux foyers fictifs. Le premier gagne 2 400 € par mois, paie 1 300 € de charges courantes et 1 050 € de mensualités : il lui reste 50 €. Le second gagne 1 700 €, paie 1 250 € de charges et 900 € de mensualités : il lui manque 450 € chaque mois.

Pour le premier, une mensualité ramenée à 650 € laisse 450 € de marge. Le budget respire, au prix d’un coût total plus élevé qu’il faut chiffrer avant de signer. Pour le second, même une mensualité de 500 € laisse un déficit de 50 € par mois. Le rachat ne résout rien. Il déplace le problème, ajoute des frais et allonge la durée.

Regardez aussi la nature des dettes. Si une partie des difficultés vient d’impayés qui ne sont pas des crédits, loyers, énergie, impôts, vérifiez ce que l’offre reprend réellement. Une dette laissée de côté continue de peser.

Avant de déposer un dossier

Tant qu’aucun dossier n’est déposé, un rachat reste possible si le budget passe le test et si un prêteur accepte. Les établissements consultent le fichier des incidents de remboursement : vérifiez d’abord votre situation, comme l’explique notre article sur le rachat refusé.

C’est aussi le bon moment pour demander un regard extérieur. Les Points conseil budget, labellisés par l’État, proposent des conseils gratuits, confidentiels et personnalisés, y compris un accompagnement à la procédure de surendettement (ministère des Solidarités, mis à jour le 9 février 2023).

Une fois le dossier déposé

Le dépôt se fait en ligne ou sur papier, et vous êtes inscrit au FICP dès ce moment, pour toute la durée de la procédure. Quand le dossier est jugé recevable, les intérêts cessent de courir sur les emprunts, les saisies sont suspendues, et vous arrêtez de payer vos mensualités de crédit, tout en continuant à régler le loyer et les factures courantes (Banque de France, foire aux questions, consulté le 9 octobre 2026).

Pendant cette période, vous ne devez plus souscrire de nouveaux crédits. Un nouveau prêt n’est possible qu’avec l’accord de la commission de surendettement, du dépôt du dossier jusqu’à l’adoption des mesures, puis pendant leur mise en œuvre. La demande passe par un formulaire, accompagné d’une offre de prêt ou d’une simulation avec accord de principe du prêteur (Banque de France, consulté le 9 octobre 2026). Autrement dit, un rachat de crédits en cours de procédure n’est pas une démarche libre.

La procédure aboutit à un plan négocié avec les créanciers, à des mesures imposées par la commission, ou à un rétablissement personnel, c’est-à-dire un effacement des dettes. Les mesures imposées ne doivent pas dépasser sept ans, sauf exceptions liées à la résidence principale (Service Public, vérifié le 7 janvier 2025).

Après la procédure

Avec un plan ou des mesures imposées, l’inscription au FICP dure au plus sept ans, et elle est effacée au bout de cinq ans si aucun nouvel incident n’est constaté. Après un rétablissement personnel, elle dure cinq ans (Banque de France). Être fiché n’interdit pas d’emprunter, mais les banques sont peu enclines à prêter (Mes questions d’argent).

La reconstruction passe par des relevés propres et un budget tenu, mois après mois. Un regroupement envisagé plus tard se présentera alors comme n’importe quel dossier, avec un historique qu’il faudra expliquer.

Les offres qui visent les personnes en difficulté

Une situation tendue attire les promesses. Un intermédiaire ne peut percevoir aucune somme avant le versement effectif des fonds prêtés. Vérifiez son immatriculation à l’ORIAS et celle du prêteur sur le registre REGAFI (ABE Info Service, consulté le 9 octobre 2026). « Rachat accepté même fiché », pression pour signer vite, frais à verser d’avance : chacun de ces signaux doit vous arrêter. En cas de doute, ou si vous avez déjà payé, signalez-le à Info Escroqueries au 0 805 805 817.

Notre position

Un rachat de crédits peut soulager un budget serré qui tient encore. Il ne sauve pas un budget en déficit. Si votre calcul ressemble à celui du second foyer, notre formulaire n’est pas la bonne porte : un Point conseil budget ou la Banque de France le sont, gratuitement.

Pour faire le calcul sérieusement, commencez par l’inventaire de vos dettes et le budget avant un regroupement, puis mesurez l’écart entre gain mensuel et coût total avec le comparateur. Propriétaire ? Le guide Rachat refusé : les options d’un propriétaire traite votre cas.

Si votre budget passe le test, vous pouvez décrire votre situation via le formulaire de contact : la demande n’engage à rien et ne vaut ni offre ni accord de financement. Vos données sont traitées selon notre politique de confidentialité. L’éditeur du site figure dans les mentions légales.